jeudi 9 novembre 2006

Reconcilier le pays avec le capital

Pour améliorer la gouvernance, pour quoi ne pas avancer sur la voie de la co-détermination ? Dans les autres pays Européens où cela existe, on anticipe mieux les choses.

- " Il y a d'autre progrès à faire dans la gouvernance des entreprises : sur la transparence, la sanction des erreurs, la responsabilité... Je suis très ouvert. Je ne pense pas que l'actionnaire doive décider seul dans l'entreprise : la richesse d'une société, c'est son capital, mais aussi le travail des salariés. Je suis favorable à ce que l'on associe les hommes et les femmes au maximum; j'ai d'ailleurs proposé qu'on ouvre les stocks options à tous, et je suis prêt à aller plus loin. Mais à une seule condition : qu'on ne rigidifie pas le fonctionnement des entreprises par des règles nouvelles." Nicolas Sarkozy - Les echos - jeudi 9 novembre 2006

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Et que dit sa rivale principale et ses rivaux ?

actionnaire-citoyen a dit…

Un début de réponse :
Ségolene Royal = ci-dessous un extrait d'un discours prononcé à Lens...

"les subventions publiques qui ont été données forcément à ces entreprises devront être positionnées à l’interdiction de délocaliser lorsque les entreprises font des profits, à l’interdiction de licencier, lorsque les entreprises font des bénéfices"

Anonyme a dit…

ROYAL: discours sur la politique économique. 1thème : «Réconcilier les Français avec l'entreprise».
Comment ?
"la réconciliation passe au contraire, selon elle, par une meilleure écoute et un plus grand poids des syndicats car, «en France, nous sommes au Moyen-Âge des relations sociales». La réconciliation, estime-t-elle, «sera difficile quand la chronique est défrayée par le comportement des patrons voyous».

Perso je suis pas certain (sic) que ce soit le meilleur moyen de récocnilier les français avec l'entreprise !!!!
Redonnez du pouvoir aux syndicats au moment où les syndicats n'ont jamais été aussi peu représenatifs... c'est de la folie furieuse !...ou alors il faut que des syndicats adopte de nouvelles postures qu'ils passent de "systématiquement contestataires" à "constructif"...
Y a du boulot !

Anonyme a dit…

Un article publié ds le nouvel éco, qui nous donne les "clefs" sur les différentes positions prises par les candidats PS.
Un article qui fait le terrible constat de "L’oubli quasi freudien de l’entreprise"...

"En apparence donc, les militants du PS ont à choisir entre trois orientations relativement clivées. En réalité, elles présentent toutes trois un point commun, l’oubli quasi freudien de l’entreprise dans le dispositif de reconquête soumis à expertise. Le mot même d’entreprise n’aura guère été prononcé que par Ségolène Royal, en référence à un ordre « social et environnemental juste ». La présidente de la Région Poitou-Charentes précise : « je pense que nous sommes capables de réconcilier les Français avec l’entreprise en redonnant de la valeur au dialogue social. C’est là que se trouvent les réserves de productivité les plus importantes ». Le plus étonnant dans cette démarche, a priori consensuelle, est l’absence totale de la notion même d’entrepreneur. A croire que le chef d’entreprise est encore en France, sinon un ennemi de classe, du moins un interlocuteur dont il vaut mieux éviter de parler à haute voix.

Un blocage très français
Pourquoi un tel blocage de la part du personnel politique ? Lors d’un débat devant la Fondation Robert-Schuman, le 17 octobre dernier, Alain Lancelot, le politologue, relevait une « exception française » qui n’existe nulle part ailleurs en Europe. En l’occurrence, « l’idée marxiste qu’il existe une démocratie populaire qui doit l’emporter sur la démocratie bourgeoise ; le PS n’en sort pas, les militants ont voté oui au référendum sur le traité constitutionnel mais les électeurs ont voté non ». La présence d’une extrême gauche, PC compris, oscillant dans les sondages de 11 à 14 % des suffrages, crispe encore la donne. Marie-George Buffet brigue l’Elysée en accusant « le grand patronat, la logique libérale, et les dirigeants socialistes qui prétendent qu’il n’est pas possible de se dégager de certaines contraintes ». Une situation qui pousse les présidentiables socialistes à une surenchère dans le vocabulaire supposé « progressiste ». Laurent Fabius est en pointe sur le créneau quand il dénonce « l’hypercapitalisme financier et le capital qui lamine tout », obligeant ses compétiteurs à se placer sur le même terrain. Ségolène Royal a ainsi déclaré au Financial Times qu’il faut « effrayer le capitalisme ». Seul Dominique Strauss-Kahn campe prudemment sur le registre pédagogique en insistant sur « une période de changements liés à la mondialisation, à des questions nouvelles comme le vieillissement de la population ou la fin du pétrole ».
Le paradoxe du PS
Dans ces conditions, faut-il prendre pour simulacres symboliques les déclarations des trois prétendants PS qui tous mettent en avant le rôle déterminant du poids de l’innovation dans une politique industrielle ? Ce qui revient très directement à tresser des louanges à l’esprit capitaliste. Le programme du PS est même en faveur du développement des « participations publiques dans le capital des jeunes entreprises innovantes avec la création d’un fonds public de capital risque, en relation avec les collectivités locales, en s’appuyant notamment sur la Caisse des dépôts et consignations ». C’est le texte officiel du PS, sous la rubrique « l’innovation encouragée ». Un vrai paradoxe dans la mesure où le ressort de cette stratégie repose sur l’entrepreneur – et l’actionnaire – prêt à prendre des risques. Un ministre des gouvernements Raffarin et Villepin, Renaud Dutreil, s’est évertué à pousser les feux d’une telle méthode. Il est épaulé dans cette tâche par le ministre de l’Industrie, François Loos, qui parcourt la France pour inaugurer des Forums de l’innovation et de la compétitivité. Et les résultats correspondent à un réel frémissement sur ce front. « Il y a des signes que le climat est en train de changer ; la France libère ses gazelles », écrivait récemment le Financial Times. A l’aide, il est vrai, de quelques avantages fiscaux – dont la rue de Solferino ne dit mot. Mais aussi d’une action directe sur les fonds propres des PME innovantes et en forte croissance, les gazelles – rien d’autre que ce que préconise le PS. Nom de code choisi par le ministre des PME, Renaud Dutreil, pour l’opération : France Investissement. Le dispositif, en phase de finalisation, doit reposer pour une part sur un partenariat public-privé, impliquant la CDC, et des fonds privés de capital investissement. Un schéma qui prend tout son sens quand il est accompagné de l’incitation à la formation de « clusters », ces réseaux réunissant université, recherche et… entreprise privée ultraperformante. A leur manière, les trois cavaliers de la rue Solferino sont en phase avec cette alchimie débouchant sur des business-angels appelés à devenir gazelles puis grosses PME moyennes. Tout ce qui manque au tissu industriel français. Question : comment peut-on vendre aux jeunes chefs d’entreprise une telle stratégie de « donnant donnant » en continuant de propager un discours public de suspicion à l’égard du profit ? Comment réussir une politique industrielle en déniant à l’entrepreneur sa place dans la société ? L’offre compétitive, encore un mot oublié, précède la correction des inégalités."